Dans la maison algéroise ancienne, on entrait par la skiffa, ce vestibule coudé qui empêchait de voir l'intérieur depuis la rue. On recevait au madjliss, au rez-de-chaussée. Et l'on vivait dans les byout, les pièces allongées autour du patio.
Le visiteur voyait une partie de la maison. La famille en habitait une autre. Ce n'était pas de la dissimulation, c'était de l'architecture.
Ce qui a changé, et ce qui n'a pas changé
Aujourd'hui il n'y a plus de patio, plus de skiffa. Mais dans beaucoup de maisons, la séparation tient toujours : il y a la pièce où l'on installe les invités, et celle où la famille regarde la télé le soir.
Parfois ce sont deux pièces. Parfois, dans un appartement, c'est le même espace qui change de fonction quand on sonne à la porte. Dans les deux cas, le mur ne dit pas la même chose selon le moment.
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RéceptionUn grand format, sujet calme, palette accordée aux murs.
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FamilialPlusieurs formats moyens, sujets personnels, couleur assumée.
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135 cmLa hauteur du centre si vos assises sont des banquettes basses.
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1 murUn seul mur fort par pièce. Les autres respirent.
Le salon de réception : de la tenue
On y cherche l'effet immédiat et durable. Pas la surprise, pas la blague, pas le clin d'œil que seuls trois membres de la famille comprendront.
- Un grand format unique, centré, qui pose la pièce sans commentaire.
- Des sujets calmes : matière, abstrait, paysage, architecture, ville. Ce sont les tableaux qu'on peut regarder pendant une heure de conversation sans s'en lasser.
- Une palette accordée aux murs, pas en rupture. Le tableau souligne la pièce, il ne se bat pas avec elle.
- Une composition symétrique si vous partez sur plusieurs cadres. La réception aime l'ordre.
Le salon de tous les jours : de la vie
C'est la pièce où l'on s'affale, où l'on discute fort, où le match se regarde debout. Le mur a le droit d'être plus bavard.
- Plusieurs formats moyens plutôt qu'une grande pièce solennelle.
- Des sujets qui vous ressemblent : un visage, une voiture, un joueur, une pochette d'album, une ville que vous aimez.
- Une composition libre, qu'on peut compléter dans six mois avec un cadre de plus.
Il y a une catégorie de salon qu'on connaît tous : celui qui est parfait, fermé à clé, et qu'on ouvre trois fois par an. Les housses restent sur les banquettes, le service à thé attend dans le buffet vitrine, et personne n'y met les pieds. Autant qu'il y ait quelque chose de beau sur les murs — au moins, le tableau, lui, travaille toute l'année.
Salon algérien, salon marocain : c'est le même mur
On dit l'un ou l'autre selon les familles, et personne n'en fait une affaire. Ce qui compte pour la décoration, ce n'est pas le nom, c'est la hauteur d'assise.
Un salon à banquettes basses en U se décore de la même façon dans les deux cas : on centre sur la banquette du fond, celle qu'on voit depuis la porte, et on descend le centre du tableau à 135 cm parce qu'on y est assis plus bas que sur un canapé.
Les deux banquettes latérales, on les laisse respirer. Un mur chargé sur trois côtés, ça enferme la pièce au lieu de l'ouvrir.
Et si vous n'avez qu'un seul salon ?
C'est le cas de la plupart des appartements, et ce n'est pas un problème. La solution tient en une phrase : on traite le mur principal en réception, et les murs secondaires en salon de tous les jours.
Le mur du canapé reçoit le grand format calme, celui qu'on voit en entrant. Le mur latéral, celui du meuble TV ou du coin lecture, accueille les sujets plus personnels. La pièce a les deux registres, sans avoir deux pièces.
L'erreur qu'on voit le plus souvent
Mélanger les deux registres sur le même mur. Un abstrait solennel à côté d'un portrait pop, c'est une conversation entre deux personnes qui ne se connaissent pas.
Dites-nous laquelle des deux pièces vous décorez, on vous guide.






